Skyactiv apporte l’indépendance à Mazda


DE NOTRE ENVOYÉ SPÉCIAL au JAPON — En marge du Salon de Tokyo, Ken Saruwatari, directeur du programme Mazda3 et Jeff Guyton, Président de Mazda Europe nous expliquent comment l’indépendance technique de Mazda garantit son indépendance “tout court”.






On le sait, Mazda a toujours été un constructeur innovant qui, on s’en souvient, n’hésitait pas à intégrer dans sa gamme des modèles à moteur rotatif. Absorbé par Ford durant plusieurs années, Mazda est aujourd’hui libéré de cette tutelle, la part de Ford se résumant à un petit “2 %”.


Une liberté qui se manifeste par la mise en production du système global Skyactiv dans tous ses nouveaux modèles : derrière cette appellation se cache un effort d’allègement des structures, une famille de nouveaux moteurs essence et Diesel à taux de compression record, et une paire de boîtes de vitesses manuelle et automatique 100 % maison.


l n’empêche que Mazda en tant que constructeur reste fragile de par sa taille sur l’échiquier mondial. Une proie de choix pour d’autres grands groupes tentés par un rapprochement et une prise de participation. A cet égard, Ken Saruwatari, directeur du programme Mazda 3 et Jeff Guyton, président (CEO) de Mazda Europe nous ont assuré que ce risque n’existait pas. Selon eux, c’est précisément ce programme technique Skyactiv qui garantit à Mazda son indépendance. Pour eux, il n’est pas question qu’un autre constructeur ne devienne un partenaire. Y compris dans le développement du futur châssis destiné à la prochaine citadine Mazda2, dont la mouture actuelle partage ses fondements avec la Ford Fiesta.


Pour Ken Saruwatari et Jeff Guyton, les choses sont claires : le partenariat avec Alfa Romeo autour de la conception du prochain roadster MX-5 est appelé à rester un événement isolé. D’après Jeff Guyton, le châssis de la future Mazda2 sera une production totalement maison et utilisera bien sûr les acquis du système Skyativ.


Point de concept-car onirique et flamboyant sur le stand Mazda au Salon de Tokyo mais une paire de prototypes très avancés, sorte d’écrins pour des motorisations toujours plus propres.


Laissons de côté la Mazda3 dont le moteur 2 litres fonctionne au gaz naturel : les pompes GNV se font trop rares en France pour nous intéresser à ce carburant. Plus intéressante est la Mazda Axela (alias Mazda3) hybride. Au vu de ses performances, il aurait toute sa place en Europe mais reste réservé pour l’instant au marché local.


Pragmatique, le constructeur japonais a choisi de faire son marché chez Toyota pour acquérir le module électrique de la Prius et le coupler à sa propre mécanique thermique de la génération Skyactiv G (pour gasoline ou essence). Un choix judicieux qui permet à Mazda de gagner un temps précieux et de se concentrer sur son adaptation au moteur Skyactiv de 1 997 cm3 et 99 ch à recirculation des gaz d’échappement. On retrouve le fameux taux de compression record de 14:1 et, côté moteur électrique, on dispose de l’équivalent de 82 chevaux pour un couple de 207 Nm. La puissance totale disponible est de 136 chevaux transmis aux roues par un système CVT à variation continue.


Essayée brièvement sur un circuit périurbain d’une dizaine de kilomètres dans des conditions de circulation particulièrement chargée, cette Mazda3 hybride s’est avérée agréable à conduire et surtout efficace dans ses réactions. Accélération et freinage ne se différencient pas d’une voiture classique. On ne retrouve pas ce glissement excessif d’une CVT. On apprécie également le système tête haute qui permet de visualiser les informations de conduite, comme la vitesse du véhicule projetées sur le pare-brise. A noter également que l’espace disponible dans le coffre de cette hybride reste tout à fait correct. Soulignons aussi que cette Mazda 3 permet de rouler dans une hybride dont le design moderne ne vous fait pas passer immédiatement pour un écolo qui déteste l’automobile. Une image qui colle à la peau des possesseurs de Prius, au design largement compromis.


Le bon vieux moteur Wankel au secours de l’électrique




Sur le front de la petite citadine électrique, Mazda s’engage dans la voie du prolongateur d’autonomie via un moteur à piston rotatif. Avec un rotor unique de 330 cm3 développant 22 kW à 4 500 tr/mn, la Mazda 2 électrique RE dispose ainsi d’une autonomie doublée. Compact et silencieux à l’usage, ce module à l’avantage de ne pas prendre de place dans une voiture de petit volume. Une architecture explorée avec succès par Audi sur un prototype d’A1 e-Tron.


Impossible en revanche de donner une opinion objective pour l’essai très bref et sur une ligne droite de 50 m de cette Mazda 2 RE (Range Extander) qui était véritablement un véhicule d’étude comme en témoigne le gros bouton emergency fiché au milieu du tableau de bord.

 


Source: http://automobile.challenges.fr/dossiers/20131127.LQA5479/skyactiv-apporte-l-independance-a-mazda.html