ESSAI — Jusqu’ici boudé pour sa rusticité, le Ford Tourneo Connect revient sous une forme totalement nouvelle. Grâce à son insonorisation poussée et à son équipement de pointe, il vise le haut du segment des ludospaces.

L’an dernier, Ford présentait le Tourneo Custom. Cette année, c’est au tour du Tourneo Connect, en attendant le Tourneo Courrier l’année prochaine. Voilà un tir groupé d’appellations qui mérite une explication. L’Ovale bleu a en effet revu la nomenclature de ses véhicules utilitaires comme celle de leurs dérivés VP (Véhicules Particuliers). Ainsi, le nom de Transit désigne dorénavant un modèle utilitaire et Tourneo sa variante familiale. Vous suivez ? La deuxième partie du nom indique quant à elle la taille du modèle : le Connect qui nous intéresse aujourd’hui est un ludospace compact,concurrent direct du Renault Kangoo.

Entièrement nouveau, le Tourneo Connect remplace un modèle jusqu’ici boudé pour sa rusticité. En adoptant la plateforme de la Focus, cette nouvelle génération tourne le dos à la vocation purement utilitaire de son prédécesseur. Les ingénieurs affirment ainsi avoir pris en compte dès le départ la vocation familiale de ce modèle, même si le Transit Connect, son pendant utilitaire, est toujours au catalogue. Il en va de même pour le style, bien moins cubique qu’auparavant. On pourra toujours gloser sur les ludospaces qui se piquent de sportivité mais Ford n’est pas le seul à s’engager dans cette voie.

Ce qui compte avant tout dans ce type d’autos, c’est l’espace intérieur. Sur ce point, le Tourneo Connect tient sans problème tête à la concurrence. Cinq personnes trouveront leurs aises et les passagers arrière profiteront de la large ouverture des portes coulissantes pour s’installer à bord. Celles-ci facilitent également l’installation d’un siège auto. La version longue (4,82 m contre 4,42 m) peut quant à elle disposer en option (500 €) d’une banquette de troisième rangée capable d’accueillir deux personnes. Deux enfants serait un terme plus exact, tant l’espace aux jambes est limité à l’extrême arrière. Au moins le coffre reste-t-il décent dans ce cas-là, avec un volume de 322 litres. C’est certes moins que les gigantesques soutes de 1.029 litres et 1.529 litres respectivement des versions courte et longue, en configuration cinq places. Ceux-ci s’entendent bien entendu sans tablette. Notons à ce propos la conception intelligente du cache-bagages. Articulé à l’aide d’une charnière, celui-ci a le bon goût de ne pas gêner la rétrovision même lorsqu’il est redressé. Reste le hayon, qui réclame une certaine poigne pour être refermé, comme c’est le cas sur de nombreux concurrents.

Une fois à sa place, le conducteur n’aura aucun doute quant à la philosophie du modèle qu’il s’apprête à conduire. Malgré des lignes proches de celles des Focus et C-Max, la planche de bord est entièrement constituée de plastiques durs. Les assemblages s’avèrent quant à eux corrects, pour une finition globalement dans la moyenne du segment. S’il est un domaine où le Tourneo Connect se distingue, c’est celui des équipements de sécurité et d’info divertissement. Il est ainsi possible d’obtenir un pare-brise dégivrant, des sièges chauffants, une caméra de recul, des antibrouillards avec fonction éclairage d’angle ou encore un système de freinage automatique en ville. Autant d’options rares voire inédites chez les concurrents. Il devient alors étonnant de constater que le Tourneo Connect peut se montrer radin par ailleurs, en réservant la climatisation et le régulateur de vitesse de série à la finition Titanium, la plus huppée.

Au lancement, la gamme de moteurs offre un choix assez large. En ce qui concerne le Diesel, qui devrait remporter la majorité des suffrages en France, le bien connu 1.6 TDCi est disponible en trois niveaux de puissance : 75 ch, 95 ch et 115 ch. Nous avons commencé notre prise en mains par cette dernière version, sur un Tourneo Connect long. Face aux 1.521 kg de l’engin, le petit bloc semble manquer de ressources. Les reprises se révèlent laborieuses et l’agrément quelconque. Il convient toutefois de relever l’excellente insonorisation, digne des modèles particuliers de la marque. Rarement un dérivé d’utilitaire nous est apparu aussi civilisé sur ce point !

Par ailleurs, le comportement routier se hisse au meilleur niveau. Il faut dire que la Focus, auquel ce Tourneo Connect emprunte sa plateforme, est une référence en la matière. Seule l’adhérence laisse un peu à désirer sur route mouillée, malgré les pneus ContiPremiumContact de notre modèle d’essai. Sur un parcours très avantageux (lignes droites, circulation dense mais fluide), la consommation s’est limitée à 5,9 l/100 km.

Plus léger, (1.458 kg), le Tourneo Connect court Diesel 95 ch ne nous a pas semblé moins alerte. Hormis la boîte à cinq rapports au lieu de six, les sensations de conduite se sont révélées extrêmement proches, silence remarquable compris. Sur un parcours plus réaliste, nous avons relevé une moyenne 7,2 l/100 km. Moins cher de 2.000 € à l’achat que le Diesel 95 ch, le trois-cylindres essence 1.0 EcoBoost de 100 ch peut également se révéler une alternative intéressante. Étrangement, ce bloc nous a semblé un tout petit peu plus bruyant que ses homologues Diesel. Les relances apparaissent quant à elles équivalentes à celles du Diesel, alors que nous avons relevé une consommation équivalente de 7,2 l/100 km… De quoi remettre en cause l’utilité du surcoût !

Les tarifs du Ford Tourneo Connect apparaissent dans la moyenne du segment. La version la plus vendue devrait être celle dotée du Diesel de 95 ch, en châssis court et finition Trend. Ainsi, la facture s’élève à 21.200 €. C’est certes moins cher que le très dispendieux Volkswagen Caddy TDI 102 ch mais pour le même tarif ou presque (respectivement 21.450 € et 21.350 €), les Citroën Berlingo et Renault Kangoo offrent pour l’un le régulateur de vitesse et pour l’autre ce même régulateur et la climatisation. A 19.200 € en version 1.0 EcoBoost, le Tourneo Connect se montre par contre plus intéressants que ses concurrents directs. Il n’en reste pas moins que Ford prétend vouloir s’adresser à des familles recherchant du volume et des aspects pratiques pour un coût raisonnable, avant toute notion de style ou de confort. Exactement le pré carré de Dacia avec son Dokker, vendu environ 6.500 € de moins que le Ford à équipement équivalent ! Plus que sur tout autre segment, la comparaison s’avère cruelle, pour le Tourneo Connect comme pour les Kangoo, Berlingo, Caddy et consorts. A moins d’exiger à tout prix les équipements de confort du Tourneo (ce qui rapproche son tarif de celui d’un C-Max), la proposition roumaine s’avère imbattable.

collection: CLASSIC 

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